
Marqueterie - laisser parler la matière
J'ai eu l'opportunité d'aborder l'art de la marqueterie avec beaucoup de liberté, dans une démarche basée sur le ressenti. A l'opposé des techniques classiques de marqueterie figurative, la technique de découpe rapide et intuitive que j'ai apprise offre une façon de travailler plus spontanée et moins réfléchie. Aucun dessin n'est pensé en amont, seules les différentes essences de bois sont là pour guider.
Pour une fois, j'ai voulu laisser parler la matière. Elle n'a pas son mot à dire lorsqu'elle est choisie et contrainte en fonction du résultat précis que nous voulons obtenir. Ici, je n'ai aucune idée de ce que sera la finalité, j'observe la matière, sa couleur, sa texture, son veinage, puis les découpes se font en fonction d'elle. Le résultat exprime alors cet enchaînement de sensations et d'envies. Cette liberté de création reflète aussi une liberté d’interprétation, c'est pour moi la magie de l'abstraction.



Les défauts du bois deviennent des qualités dans la marqueterie, j'aime particulièrement cet aspect. Cette première marqueterie est faite de Marronnier échauffé, de Tulipier, d'If et de Palissandre des Indes.



Ce morceau d'ébène blanc m'a interpellé, il est la base de la seconde marqueterie. Ces veines noires dessinent déjà à elles seules un tableau. J'ai essayé de suivre son discours en intégrant du Marronnier, une loupe d'Amboine, du Palissandre des Indes, un chêne des marais et une touche de loupe de Madrona.

